Le dégroupage est une opération technique permettant l'ouverture du réseau téléphonique local à la concurrence. En effet, les opérateurs tiers ne disposent pas de la boucle locale qui appartient à l'opérateur télécom historique du pays. Le dégroupage permet aux opérateurs tiers d'accéder à cette boucle locale, soit en partie par le biais du dégroupage partiel, soit en totalité par le biais du dégroupage total.
De ce fait, les opérateurs tiers ne sont pas tenus d'investir dans cette partie du réseau, qui va du central téléphonique à la prise de l'utilisateur. La force de l'opérateur historique a toujours été l'étendue de son réseau : en effet, l'installation d'une boucle locale est beaucoup plus rentable en plein cœur de Paris que dans un tout petit village ; en somme, les installations de la capitale permettent de financer celles des régions peu peuplées.
L'opérateur historique est rémunéré pour l'entretien de la boucle locale, mais pas pour l'amortissement de ses investissements.
Le dégroupage permet aux opérateurs alternatifs de bénéficier d'un accès direct à l'utilisateur final. Ils sont en mesure de contrôler de bout en bout le réseau et de fournir ainsi un service différencié de celui de l'opérateur historique.
Le dégroupage rend, en particulier, possible une concurrence réelle dans les offres commerciales d'ADSL et permet ainsi une baisse des tarifs de détail.
Le dégroupage concerne avant tout les hautes fréquences qui transitent via les lignes téléphoniques : les données. Selon que l'utilisateur conserve son trafic bas débit (la voix) ou non avec l'opérateur historique, on parle de dégroupage partiel ou total.
En zone non dégroupée, certains FAI proposent à leurs clients l'ADSL nu, qui permet de s'affranchir de l'abonnement à l'opérateur historique (POTS). Le DSLAM utilisé étant toujours celui l'opérateur historique, il n'y a généralement pas une grande offre de services demandant une forte bande passante (IPTV, VOD etc).
On trouve aussi la dénomination "Dry DSL", littéralement "ADSL sec"
Grâce à un filtre, toutes les données voix (basses fréquences) passent par le réseau de l'opérateur historique ; les données numériques (hautes fréquences) passent, au-delà du central téléphonique, par le DSLAM de l'opérateur tiers.
Les appareils "bas débit" (télécopie, Minitel, accès Internet bas débit) utilisant les basses fréquences peuvent toujours être utilisés par le client.
Attention, être en dégroupage partiel signifie que l'on est dégroupé et donc ce terme ne s'applique pas en zone non dégroupée.
L'utilisateur n'est plus client et ne paie plus l'abonnement de l'opérateur historique. Sa ligne est directement reliée (au niveau du NRA) aux équipements (DSLAM) de l'opérateur tiers qui rémunère l'opérateur historique pour l'entretien de la ligne (9,50€ HT en 2006 en France).
La plupart des opérateurs tiers n'exploitent alors que les hautes fréquences en protocole IP. Leur offre de téléphonie se base alors sur la technologie VoIP pour permettre à l'utilisateur de continuer d'utiliser son téléphone et, dans certains cas, d'autres appareils "bas débit" (fax, Minitel). Le téléphone classique qui utilise les basses fréquences, nommé POTS n'est généralement plus utilisé.
L'utilisateur peut conserver son numéro de téléphone s'il le souhaite grâce à la portabilité du numéro, lorsque la législation locale la met en place.
- Accès dégroupé à la boucle locale : L'opérateur historique permet à ses concurrents d'exploiter tout ou partie de la boucle locale.
- Accès complet (dégroupage total) : L'opérateur historique loue purement et simplement la boucle locale à un opérateur tiers, qui prend en charge l'ensemble des fréquences de la ligne, y compris la voix.
- Accès partagé (dégroupage partiel) : un opérateur tiers peut utiliser les différentes fréquences disponibles sur le réseau, à l'exception des fréquences voix. L'abonné est toujours client de l'opérateur historique et paie son abonnement.
- Boucle locale : la partie de la ligne téléphonique qui va de l'armoire de l'opérateur jusque chez vous.
- Boucle Locale Radio : technologie, qui utilise les ondes radio, alternative à la boucle locale filaire.
- Colocalisation : l'opérateur historique héberge dans ses locaux techniques le matériel d'un opérateur tiers.
- Courants porteurs en ligne : technologie qui consiste à faire passer les données en hautes fréquences dans les câbles électriques.
- Données "DATA" : toutes les liaisons télématiques : Minitel, télécopie, accès Internet bas débit.
- Données "voix" : toutes les conversations téléphoniques classiques.
- DSLAM : Appareil qui relie la boucle locale (les lignes DSL des clients) et le réseau d'un opérateur téléphonique.
- Éligibilité technique : capacité physique d'une ligne téléphonique à supporter les services que l'on compte y installer.
- Fibre optique : câble composé de fils transparents dans lesquels les données circulent sous forme de lumière.
- Portabilité du numéro : vous conservez avec votre nouvel opérateur téléphonique le numéro qui vous a été attribué par l'opérateur historique (de type 01.23.45.67.89)
- Réseau téléphonique commuté : réseau de téléphonie "classique" qui met en liaison deux abonnés en actionnant des commutateurs, d'où son nom. La liaison entre les deux postes est physique.
- VoIP : réseau de téléphonie où les données "voix" transitent par les mêmes circuits que les données informatiques. La connexion entre les deux abonnés est virtuelle. C'est pour cette raison que les données "DATA" ne sont pas supportées par cette technologie.
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